Venturi Space dévoile MONA LUNA, le premier rover lunaire 100 % européen

16 Juin, 2025 | Innovations & Technologies

Venturi Space franchit une nouvelle étape dans la conquête européenne en présentant MONA LUNA, un rover lunaire entièrement développé en Europe. Il sera assemblé au sein des installations de Venturi Space France, à Toulouse. Objectif affiché : déployer un rover européen opérationnel sur le pôle Sud de la Lune avant 2030.

Alors que la mobilité lunaire devient un axe crucial de la nouvelle économie spatiale, l’Europe affirme sa volonté de maîtriser ses propres moyens d’exploration robotique. MONA LUNA s’inscrit dans cette dynamique : un véhicule lunaire massif, durable et capable de fonctionner dans des conditions extrêmes, conçu dans une logique d’indépendance technologique, d’anticipation industrielle et d’ambition européenne affirmée. Il sera potentiellement au service des secteurs privés comme publics avec différentes missions.

« Je reste un explorateur avant tout » indique Gildo Pastor, Président de Venturi Space. L’espace est une nouvelle frontière, et MONA LUNA est notre façon d’y avancer concrètement. Nous aspirons à construire, aux côtés de l’Europe, une capacité autonome d’exploration lunaire à la hauteur des enjeux scientifiques, économiques et stratégiques de demain. »

Venturi Space France, basée à Toulouse et partenaire stratégique de Venturi à Monaco, sera le maître d’œuvre de ce projet. L’entreprise assurera le développement complet du rover, y compris l’électronique embarquée et l’avionique, les systèmes de communication avec la terre, la gestion de l’énergie, l’assemblage, l’intégration finale et les tests de validation spatiale. L’objectif est de faire rouler l’engin sur le sol lunaire avant la fin de la décennie.

Un projet soutenu par l’ESA et le CNES

MONA LUNA bénéficie du soutien actif du CNES (Centre National d’Etudes Spatiales) de l’ESA (Agence Spatiale Européenne), qui accompagnent Venturi Space dans le développement des technologies critiques nécessaires à la mobilité lunaire de longue durée. Ce soutien institutionnel valide la pertinence du projet et renforce la position de l’entreprise comme acteur clé du spatial européen.

Le projet s’appuie sur l’expérience acquise avec les rovers FLIP et FLEX, développés aux côtés de Venturi Astrolab, partenaire stratégique américain basé à Los Angeles. Venturi Space contribue déjà à ces projets en fournissant des roues hyper-déformables (fabriquées en Suisse), et des batteries haute performance quant à elle produites à Monaco.

Une technologie européenne de pointe

Prévu pour être lancé par la fusée Ariane 6.4 et déposé sur la Lune via l’atterrisseur européen Argonaut, MONA LUNA est conçu comme un véritable outil scientifique et logistique. Il sera électrique (alimenté par panneaux solaires et batteries), autonome ennavigation, équipé d’un bras robotisé pour manipuler des instruments ou des charges utiles, capable de survivre à plusieurs nuits lunaires (très contraignantes thermiquement). Capable d’atteindre une vitesse de 20 km/h pour un poids total d’environ 750 kg, il est aussi conçu pour transporter un astronaute en cas d’urgence, selon les scénarios envisagés par le CNES et l’ESA.

« Notre vocation première est de nous mettre pleinement à disposition de l’ESA et des agences spatiales nationales européennes. » indique le Dr. Antonio Delfino, Directeur des Affaires Spatiales de Venturi Space. « Avec MONA LUNA, nous entendons apporter des percées technologiques majeures qui permettront de développer une mobilité lunaire étendue. »

Une ambition commerciale affirmée

D’abord destiné aux missions institutionnelles et à la recherche scientifique, MONA LUNA pourra également répondre à des besoins privés ou industriels européens, tels que le transport de charges utiles au pôle Sud, l’exploitation de ressources lunaires comme l’hélium-3 (3HE), ou encore des missions à vocation médiatique ou promotionnelle.

Cette approche traduit la volonté de Venturi Space de poser les bases d’un modèle économique durable pour la mobilité lunaire, à l’image des évolutions observées sur Terre.

Par Didier LAURENT